Tableau.

Tableau. dans Art

J’aimerais peindre un tableau. Un tableau par jour, un tableau par vie. Les tâches de gouache seraient éparpillées et colorées tel l’arc en ciel de nos pensées. Je ne veux ni visages ni traits sages. Juste des mouvements flous et des ombres à trous. Les souvenirs ne doivent tenter de nous troubler. Le présent ne doit pas nous influencer. Nous sommes juste le pinceau de la liberté. Et j’envoie valser un peu de rouge clair pour la colère qui est tapie sous la lumière. Mais aussi du rouge passion, pour les histoires qui nous brûlent avec tension. J’ai peur, alors de mes mains abimées, je fais glisser l’espoir doré sur mes brouillons déchirés. Les couleurs se mélangent sans sécher. Mon bleu limpide et heureux se transforme en un noir chagrin et brumeux. Il n’y a plus de chemin dans ce tableau. Rien n’est représenté,  seulement des émotions chamboulées. Aucun sens, aucune présence, juste un vide atrocement aride cherchant délivrance. La
pureté du blanc ornant l’origine de la toile, n’est désormais plus apercevable. L’œuvre est perdue, sous les regards dépités d’un artiste fendu. L’abstraite évocation est à brûler, oublier et enfermer. Des larmes coulent de mes joues et s’échouent sur la peinture détestée… De délicates gouttes noires dévalent la toile laissant place à des lames d’espérance. Ce n’est plus désespéré. La toile noire qui se dessinait devient un ciel de nuit, parsemé de petites étoiles infinies. De mes larmes je l’ai sauvée, de mes émotions je me suis relevée.

Je souhaitais peindre un tableau, toutefois j’ai vécu. Cette peinture est une mémoire. Cette toile est un espoir. Et cette esquisse, c’est en réalité chacune de nos histoires.

(Signé: Victoria Lebon)

L’autobiographie.

L'autobiographie. dans Art coucher-de-soleil-en-bord-de-mer

Nos  livres se sont délicatement ouverts le jour de notre arrivée sur Terre. Enfants, les mots glissaient sur le papier, emportés par le présent. Nous n’étions pas des auteurs, juste des âmes en fleurs. Puis les années ont passées sans que nous puissions les compter. Nous avons pris conscience de la souffrance et assisté à la décadence dans le silence. Alors, j’ai griffonné les pages qui suscitaient ma pitié et arraché celles qui me faisaient hurler… J’ai aussi brûlé les milliers de feuilles émiettées. Toutefois, les cendres savaient me remémorer que rien n’était oublié. Ce n’était pas un supplice, juste une certaine malice.

Qui n’a jamais souhaité tourner la page ? Pour découvrir un nouveau chapitre et une nouvelle histoire à titre. Nous sommes alors face à un papier blanc, qui nous tend son plus beau drapeau. Nous sommes accueillis dans notre propre vie comme le héros d’un jour nouveau. Mais cette feuille devient vite une mosaïque d’idées, de souhaits et de rêves encore inachevés. Ce roman : c’est un peu notre tendre existence que nous relisons quand l’obscur cache l’horizon. Nous ne connaissons pas la toute fin. Seules les plumes dans nos mains contrôlent notre destin. Nous sommes les seules capables d’écrire notre avenir. C’est pourquoi, cessons de relire cette autobiographie qui a su nous faire souffrir.

Ma page est vide cependant je suis avide d’aller de l’avant.

Douce page de la vie, désormais je te suis.

(Signé: Victoria Lebon)

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